Bref … j’ai suivi un MOOC !

Les MOOC (Massive online open courses) sont des formations en ligne ouvertes à tous (FLOT). Annoncés comme une révolution dans le monde de l’apprentissage et de l’enseignement, ces cours en ligne ont plusieurs caractéristiques qui peuvent séduire et qui se trouvent résumées dans son acronyme!

Une formation gratuite disponible en ligne

En théorie, suivre ces formations constitue une alternative gratuite d’accéder à certaines formations d’université de renom. En effet, il est de notoriété que poursuivre ses études à l’étranger, quand l’offre de formation sur place est incomplète, n’est pas si simple et peut même relever du parcours du combattant. En premier lieu, il y a les coûts exorbitants des études. Quand on n’a pas la chance d’obtenir une bourse (parfois c’est une loterie ou cela implique de tremper dans « des affaires ») ou d’avoir un réseau de connaissances débrouillardes, il est souvent difficile de suivre sereinement les études sans avoir de problèmes financiers.  Ce problème du coût des études n’est pas seulement limité aux étudiants des pays en développement, il constitue même la préoccupation première des étudiants aux Etats-Unis qui doivent s’endetter avant même d’entrer dans la vie active. Barrack Obama, le président des Etats-Unis lui-même, avait déclaré qu’il n’avait fini de payer ses dettes étudiantes qu’en 2004! Ensuite, pouvoir poursuivre ses études à l’étranger implique d’avoir le Graal, soit le visa étudiant. Obtenir ce fameux visa peut cependant s’avérer compliquer, surtout dans certaines contrées… sans parler des restrictions et règles qui s’imposent quand on a le statut d’étudiant étranger.

Dans un premier temps donc, suivre une formation en ligne permet de pallier aux problèmes liés au financement des études et aux tracasseries administratives : a priori, il suffirait donc d’avoir une connexion internet et les portes de la connaissance s’ouvriraient.

Suivre ces formations données par des universités et souvent par des professeurs de renom est une assurance d’avoir du contenu de cours à jour et à portée de clic! Et oui, il ne faut pas se voiler la face : dans certaines contrées, certains professeurs se contentent de donner exactement les mêmes cours (aux virgules près!), année après année, promotion après promotion, sans mise à jour. De plus, l’accès à certains manuels et livres est souvent difficile. C’est surtout le cas quand il y a seulement une librairie dans toute la ville qui vend les ouvrages et manuels et ce, parfois à un seul exemplaire (il faut souvent se réveiller de bonne heure pour l’acquérir!!), sans mentionner le fait que l’exemplaire en vente n’est pas forcément la dernière édition disponible. Ou quand la bibliothèque n’est pas suffisamment fournie pour permettre aux étudiants de compléter les lacunes de certains cours.

Ces formations permettraient aussi donc de faire un bon usage et un usage utile d’Internet et d’obtenir exactement la même formation que l’on soit sur le continent africain, dans les Pacifique ou sur le continent américain. En théorie donc, les MOOC ou les FLOT sont des options intéressantes pour ceux qui veulent aller plus loin et assouvir leur soif de connaissance, sans en avoir vraiment les moyens. On parle même des MOOC comme de l’avenir de l’Université africaine. En pratique, tout n’est pas aussi simple.

Une offre de formation avec beaucoup d’astérisques

Un peu comme dans les affiches de pub qui nous font miroiter des appareils téléphoniques à 1 euro (mais qui à la fin reviennent quand même assez cher!), les formations en ligne ne répondent pas forcément aux attentes suscitées. Ces « surprises » ne sont pas seulement imputables aux modèles des formations en ligne mais viennent aussi du manque de préparation de la personne qui s’inscrit aux cours.

En premier lieu, et sauf erreur de ma part, les formations en ligne ne proposent pas l’intégralité des cours nécessaires pour valider une année de formation universitaire. Elles sont centrées sur des matières spécifiques ou regroupent un ensemble de matières à même d’être étudiées séparément et plus profondément. Donc, oubliez le projet de prendre une année sabbatique et de tout rattraper en suivant une formation en ligne.

Ensuite, en ce qui concerne le choix de la formation, il faut avoir la patience de décortiquer la multitude d’offres des plateformes. Les principales plateformes sont Coursera.org, Futurelearn.com et enfin France Université Numérique. Puis, il faut bien avoir en tête que pouvoir suivre un film en version originale, lire un roman en anglais ou encore tenir une conversation avec des touristes est une chose, suivre des cours, rédiger des réponses et assimiler des concepts techniques dans cette langue est autre chose. Il ne faut donc pas surestimer ses capacités linguistiques.

Et enfin, la question de l’organisation personnelle est réellement primordiale dans la mesure où certains cours exigent une certaine assiduité, qui n’est pas forcément indiquée au début du cours. Parfois, il y a des évaluations qu’il faut absolument passer avant de pouvoir poursuivre les cours. Donc, si vous pensiez tout faire en une semaine (la dernière!) c’est un peu juste! Il faut s’en tenir au calendrier initial donné et consacrer le temps demandé pour suivre le module hebdomadaire, sous peine d’être perdu ou de se sentir obligé de faire des rattrapages vers la fin.

Au final, suivre ces formations en ligne proposées par les diverses plateformes de MOOC devrait s’avérer intéressant avec suffisamment de motivation et d’organisation. Néanmoins, l’expérience MOOC n’est pas encore suffisamment établie pour connaître et évaluer leur vraie valeur, notamment dans le monde professionnel. En effet, à la fin des semaines d’apprentissage et d’assimilation, ce sont des certificats qui sont délivrés, et non des diplômes de l’université en question comme pour les étudiants « réguliers ». Et là encore, des nuances sont à voir de près! Il y a des formations qui donnent des attestations, à compléter par un certificat, ce dernier n’étant obtenu qu’à l’issue d’un examen « réel » des connaissances. Pour d’autres, dès un certain pourcentage d’assiduité (ou de réussite aux évaluations faites entre deux semaines de formation), le certificat est donné, mais il faut payer pour l’avoir et s’en prévaloir! Donc, avec toutes ces petites conditions, reste à savoir si un employeur accepterait d’embaucher quelqu’un sur le seul fait qu’il a un certificat d’apprentissage (payé ou non).

Pour ma part, j’ai suivi quelques MOOC sur différentes plateformes : j’ai réussi à finir un cours, j’ai un autre encore en suspens à cause toujours de cette histoire d’organisation personnelle, et enfin, je suis inscrite sur un autre qui a déjà commencé il y a quelques semaines, mais que je n’ai pas encore eu le temps de voir sérieusement! Néanmoins, je suis assez contente de les faire. C’est le plaisir d’apprendre qui me guide, ainsi que la curiosité de plancher dans des domaines qui peuvent relever de la culture générale ou des domaines qui, normalement, ne relèvent pas de ma sphère de connaissance. Et qui sait, peut être un jour, il y aura une reconnaissance plus poussée de ces formations en ligne par les responsables des ressources humaines des lieux de travail ? et on sera ainsi des employés « polyvalents »…

Et vous, avez vous un retour d’expérience sur les MOOC ?

 

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