Le blues du blogueur

Le 31 août dernier était la journée internationale du blog. J’ai bien projeté de marquer le coup mais à la fin de la journée, je dois avouer avec honte que je n’ai pas réussi à écrire l’article que je voulais pour rendre hommage à tous ces blogs qui m’ont inspirée, à tous ces blogs que j’ai écris et enfin à tous ces articles que j’aurai voulu écrire.

(J’ai marqué le coup par un Tweet!)

Mes blogs

J’ai eu 3 blogs et cela fait bien plus que les 4 ans que j’ai au compteur Mondoblog (oui 4 ans depuis septembre 2014) que je blogue. Mon tout premier était sur une plateforme qui a disparu depuis. Non, pas sur Skyblog, ni sur Myspage, ni sur Hi5. Le premier blog que j’ai ouvert était sur Tsenagasy, une plateforme malgache. Je n’avais pas de ligne éditoriale et j’écrivais assez librement, j’exprimais même des sentiments intimes. À l’époque, je cherchais une chanson qui correspondait à ce que j’écrivais, et ma foi c’était enthousiasmant de faire des efforts pour offrir à la fois du texte et du son aux lecteurs.

Puis, j’ai commencé à me sentir un peu à l’étroit dans le format de la plateforme. J’ai alors appris à manier WordPress et ai décidé de créer un autre blog : Tsiahy sy Zara. Comme son nom l’indique, c’était un blog qui se voulait être un milieu de partage (Zara veut dire partage en malgache) et un album photos (Tsiahy veut dire souvenirs). Je l’ai gardé jusqu’à ce que je perde mon mot de passe en route (et que je ne me souvienne plus quel identifiant j’avais mis).

Ensuite, j’avais un blog que j’ai tenu pendant une certaine période de ma vie, quand j’étais en thèse. C’était un exutoire et j’y consignais les conseils que j’aurais aimé recevoir de mes aînés et de celles et ceux qui sont passés par ce chemin. Il y a tellement de choses à savoir avant de se jeter dans cette aventure, tellement d’écueils à éviter. J’ai essayé de les publier au fur et à mesure, comme un partage d’expérience. Malheureusement, la plateforme sur laquelle il était n’existe plus non plus et moi-même j’ai fini ma thèse. Mais avec le recul, il y avait des choses précieuses que j’y ai écris. J’aurai peut-être dû les mettre à l’écrit pour en sortir un livre plus tard!

Et enfin, sans être vraiment un blog, j’ai écrit pas mal d’articles dans le module « Notes » de Facebook. Ils auraient pu être des articles de blog… sans compter ces paragraphes, ces plans d’écriture, ces débuts de phrases que j’ai grattés ici et là dans mes carnets (papier ou numérique). Il y a même dans mes brouillons de courrier électronique des débuts d’articles que j’écris quand une idée me vient et que je n’ai rien pour noter…

Le point commun de tous ces blogs c’est le manque de régularité, je n’arrivais pas (et je n’arrive toujours pas) à m’astreindre à une publication périodique, il faut que j’y remédie!

Au final, j’aime bien écrire spontanément, mais quand je commence à écouter ma tête, cela devient compliqué et pénible, je me pose des questions, je me trouve des problèmes, j’hésite et à la fin j’abandonne l’idée de publier. (Cet article par exemple, je l’ai écris d’une traite, sans me poser de questions…j’espère jusqu’à la fin que ce sera le cas!)

(Type it up… Old school way by Addie D. sur reshot.com)

Les blogs que j’aim(ais)e bien

J’aime bien écrire mais j’aime bien aussi lire. Je vais essayer de faire une mini-liste des blogs que j’aim(ais)e bien. C’est très difficile et j’espère que les autres (mondo)blogueurs/(mondo)blogueuses (que je lis aussi pourtant) ne m’en voudront pas même si elles/ils n’y sont pas!

Fierté nationale oblige, ce sont uniquement les blogs qui parlent de Madagascar et/ou qui sont tenus par des blogueuses/blogueurs malgaches.

Le 1er c’était L’odyssée de Tattum. C’était le 1er blog que j’ai suivi et lu, il y a plusieurs années de cela. J’adorais lire les articles fournis et illustrés de Tattum, qui parlait d’ici et d’ailleurs, de Madagascar.

Ensuite, il y a Une goutte d’eau dans l’océan de Soahary. Elle a une écriture sensible et touchante. Elle nous emmène dans son monde, nous raconte des histoires et nous fait vivre les périples de sa vie. Elle nous fait découvrir aussi des choses sur la vie quotidienne et la culture des Malgaches.

Il y a aussi le Blog de Rasamy. C’est un blog qui nous montre les coins à voir et à visiter à Madagascar. Ce ne sont pas les coins qui sont vendus et sur-vendus, il nous montre souvent des endroits dont on ne parle pas beaucoup mais qui valent leur pesant de vanille.

Et enfin il y a Vahatra sy elatra de Mialisoa. Elle est assez tranchante. J’aime son côté franc et direct qui contraste souvent avec le caractère réservé et parfois arrangeant des malgaches. Elle nous livre aussi parfois les fruits de ses recherches sur l’histoire de Madagascar.

La liste des blogs inspirant est encore longue… très longue…mais je crois que je vais m’arrêter là!

Stop ou encore le blog ?

J’ai commencé l’article en me posant la question de savoir si j’allais encore continuer d’alimenter mon blog après ces mois d’absence. Après tout, personne n’a vraiment remarqué ni m’a demandé où est-ce que le blog et moi sommes passés.

Et puis, je me suis dis que ce serait dommage de laisser cet espace en friche. J’avais déjà constaté lors d’une précédente crise existentielle que le blog était une bulle d’air frais, un lieu de liberté. Et puis, il y a tellement d’articles à écrire, d’idées à exprimer, de questions à poser. C’est ainsi que j’ai décidé de reprendre le blog, et peut être finalement de lui donner un certain axe, une ligne éditoriale comme conseillé ici.

Je crois que je vais continuer ce blog, mais (parce qu’il y a un mais) je pense que ce sera sans pression et sans trop de questions existentielles. J’ai une ligne éditoriale en tête, je me mets une périodicité à tenir et j’espère vraiment, 4 ans après, que je m’y tiendrais!

Stop ou encore le blog? ENCORE!!

 

 

 

 

 

Je tiens juste un blog…

A certains de mes compatriotes malgaches qui disent que ce n’est pas leur guerre!

Plusieurs sentiments se sont mêlés quand j’ai appris le carnage dans les locaux du journal Charlie Hebdo et ses environs : stupeur, effroi, rage et colère. Comme une certaine partie des personnes sur les réseaux sociaux, j’ai affiché mon soutien et ma solidarité avec le « Je suis Charlie ». Je n’ai pas fais ce partage parce que tout le monde le fait, ou parce que je suis d’accord avec la ligne éditoriale de Charlie Hebdo. Je l’ai fais parce que je sentais qu’il fallait « dire » quelque chose, manifester, protester. Il ne fallait pas rester là, agir, vivre comme si c’était normal de faire taire à jamais les personnes en enlevant la vie parce qu’on n’est pas d’accord avec quelque chose, quelqu’un, une idée.

La violence n’est jamais une solution mais le monde semble tellement mal en point qu’on en arrive à vivre avec et à en être indifférent. Chaque vie est unique, chaque mort est un déchirement. Et ce n’est pas parce que l’on ne se manifeste pas publiquement que les autres morts ne nous touchent pas.

Ce qui s’est passé nous fait oublier la valeur de la liberté : elle n’a pas de prix, elle n’est pas acquise, elle ne va pas de soi. Mais nous sommes peut être une génération qui a tout hérité de nos aînés et parents, on n’a pas eu à combattre pour avoir l’indépendance de notre pays, on n’a pas eu à se battre pour exprimer nos idées, on n’a eu qu’à vivre dans l’insouciance et dans la certitude que rien ne peut nous arriver. On croit que cette liberté qu’on a de lire tous les auteurs et les livres que l’on veut, de regarder tous ces films, est juste une question de choix. On croit que l’on peut écouter toute la musique qui nous passe sous les mains, pourvu que le tempo et les paroles nous touchent. On croit que le fait de dire nos pensées et nos idées n’est limité que par notre propre personnalité et notre propre caractère, mais que oui, on peut dire tout ce qu’on veut. La réponse est non! La liberté que l’on vit, dont on jouit n’a pas été simplement livrée et distribuée généreusement. Cette liberté est issue de luttes âpres et de longue haleine de milliers de personnes, connues, moins connues mais qui ont tout fait pour que nous n’ayons pas à vivre dans l’oppression, dans la peur de perdre sa vie parce qu’on est différent, parce qu’on ne pense pas et que l’on n’est pas comme tout le monde.

La liberté n’est jamais acquise définitivement, elle est à conquérir chaque jour…

De manière plus « terre à terre », les kilomètres qui nous séparent des lieux du crime, les soucis du quotidien, nos propres malheurs sont ils si puissants qu’ils ont réussi à nous anesthésier devant ce malheur? Ces personnes là ( de l’agent de maintenance, en passant par le correcteur, les chroniqueurs et les dessinateurs) sont parties de chez elles (ou d’ailleurs) ce matin pour aller travailler et elles ne reviendront pas…plus… elles ont perdu la vie parce que leurs dessins, les idées qu’elles véhiculaient ne plaisaient pas. Mais dans quel monde vivons-nous? Un monde où vaut mieux ne pas froisser les uns et les autres sinon on peut y perdre sa vie? Un monde où on ne peut pas afficher son soutien à la liberté sinon on se fait cataloguer ?

Je n’ai pas combattu pour exprimer mes idées, je n’ai pas subi de menaces de mort tous les jours parce que je fais des dessins, je n’ai pas tenu tête à des lots de problèmes financiers pour continuer à publier mes convictions, je n’ai pas perdu ma vie en faisant mon travail… je ne fais que tenir un blog mais malgré tout, j’y tiens à cette « petite » liberté! Je suis Charlie!

JesuisCharlie