Si seulement on me l’avait dit…

Elle ouvrit la porte de la chambre et la découvrit sur le lit… endormie, paisible. Cette scène lui arracha un sourire, elle soupira, referma la porte et s’en alla dans la cuisine pour chercher « quelque chose à grignoter ». Elle chantonna tout en inspectant les rayons du réfrigérateur et regretta que A. ne soit pas debout pour qu’elle lui raconte cette merveilleuse soirée qu’elle venait de passer avec le plus merveilleux des hommes, son homme, il était romantique en plus (avant de se quitter, il lui avait donné une lettre !)… elle avait hâte d’être au prochain rendez-vous !

Elle était encore dans ses rêveries quand soudain, elle avait constaté que quelque chose n’allait pas bien, sans savoir quoi exactement… Ce n’était pas lié à la soirée, son homme était parfait, poli et prévenant, il l’avait raccompagné jusqu’en bas de l’immeuble et n’avait même pas insisté pour monter. Elle s’empressa alors de vérifier le contenu de son sac, tout y était, son portefeuille, ses papiers, ses clés… la lettre. Puis, définitivement dégrisée et à la limite de la panique, elle a finalement identifié l’origine de son malaise… tout était en ordre dans cet appartement…

La vaisselle était propre et rangée, le réfrigérateur rempli, le bac à linge sale vide, une petite odeur de propre flottait sur tout l’appartement. C’était inattendu de la part de A… Puis elle se rendait compte qu’il y avait quelque chose de bizarre dans l’attitude de A. sur le lit. Elle alla dans la chambre, inquiète… et là aussi, le ménage était fait, tout était en ordre. Il y avait un bloc de papier à lettres sur le bureau et l’ordinateur portable de A. qui était resté ouvert avec plusieurs fenêtres, ronronnait dans la chambre. Ce silence sourd, pesant… ce silence l’inquiétait. Et là, elle identifia ce qui la rendait mal à l’aise… A. était allongée bizarrement, étrangement pâle et A. ne respirait plus. Elle la secoua puis la gifla mais cela n’avait aucun effet. Et avec le silence vint le froid… la froideur de ses membres, celle de la chambre. Elle savait que c’était trop tard mais il fallait quand même appeler les secours… ils ont assuré qu’ils arriveraient d’ici peu.

Elle les attendit, tremblant, nauséeuse, et mal… si mal… « comment est ce que cela a pu se passer? pourquoi A.?«  Elle regarda le bloc de papier à lettres sur la table et vit la jolie écriture de A. Il n’y avait que cette phrase sur le papier « j’aurais aimé que tu me dises… j’aurais aimé que l’on me prévienne ». Puis elle aperçu les boîtes de cachet, la bouteille presque vide… elle avait remarqué que la webcam marchait et filmait toujours, et les fenêtres restées ouvertes étaient actives. Elle découvrit avec stupeur des photos dénudées de A., ces fenêtres de tchat qui n’étaient pas fermées et qui étaient remplies d’expressions graveleuses de ces correspondants, ce profil de la si gentille A. avec un autre nom et des photos tout aussi licencieuses sur ce fameux réseau social… les larmes commençaient à couler silencieusement, un cri sourd puis animal résonna dans la nuit… elle ne se rendit pas compte que ce cri de détresse venait d’elle, de son être profond… elle cria « A. !!!! A. !!!! » « Pourquoi??!!!« … puis elle s’effondra.

Quand elle s’éveilla, c’était déjà le matin, elle était dans un lit, pas le sien. Une bonne odeur de café flottait dans l’air. Cet air de musique qu’elle avait entendu hier soir passait… puis tout était revenu dans son esprit, le jeune homme, A… elle était en train de chercher des explications quand le jeune homme arriva avec un plateau de petit-déjeuner. Ses yeux lui posèrent des questions, des dizaines de question… il ne dit rien, ses yeux étaient gonflés, il n’avait pas l’air d’avoir fermé l’œil de la nuit. Elle chercha du regard son sac qu’elle fouilla et retrouva le papier qu’il lui avait donné la veille et qu’elle ne devait lire que le lendemain… sur le haut c’était écrit « désolé M. mais cette lettre est destinée à A. , j’espère que tu ne m’en voudra pas… on se voit comme convenu ce samedi 😉  »

« A., Internet peut être ton meilleur ami… ou ton pire cauchemar

Je t’écris cette lettre pour te mettre en garde contre cette toile planétaire dont tu ne sembles mesurer ni l’ampleur ni le danger. Je m’adresse surtout à toi parce que tu aimes poster tes photos sur les réseaux sociaux, et voudrais paraître libérée, ouverte à toute proposition ! (…) Internet est une boîte aux lettres qui ne rend jamais ce que l’on y poste. (…) Une fois mis sur la toile, il est difficile voire impossible de retirer ces photos, infos, commentaires. Internet est une porte ouverte sur le monde entier: celui des Bisounours comme celui des méchants. Ne t’imagines pas que la toile se limite à tes amis, à ta famille ou juste au site que tu fréquentes et sur lequel tu as publié ta photo. Non, elle est tentaculaire et toute personne pouvant avoir une connexion peut accéder à tes photos. Internet n’oublie jamais. Chère A. je ne te conseillerai jamais assez d’être prudente sur Internet. Sois prudente sur Internet, mais aussi et surtout, penses-y à plusieurs fois avant d’accepter de faire des séances photos avec des poses dénudées et/ou osées. Pour conclure et ne pas m’appesantir, je sais c’est flatteur, c’est étourdissant, c’est rassurant, mais quand tu auras tout montré et tout partagé avec tout le monde, qu’est ce qui te restera, qu’est ce qui lui restera?…et même si tu le fais, méfie toi Internet est un ami qui ne nous veut pas toujours de bien!

Ps : et dit à M. que je l’aime! « 

M. laissa tomber la lettre…ses larmes recommençaient à couler silencieusement…

 

Cet article a été écrit dans le cadre du concours The blog contest! 🙂

L’hypocrisie est nécessaire pour la paix sociale…

Que celle ou celui qui n’a jamais été hypocrite, même une fois dans sa vie, me jette la première pierre ! … et que celle ou celui qui pense qu’être hypocrite c’est vilain lise cet article jusqu’au bout, et admette vers la fin que oui l’hypocrisie est un élément essentiel, bien que détestable, pour la paix dans le monde ! (oui, carrément!!) Vous avez compris, on va aujourd’hui parler d’hypocrisie, de l’hypocrisie sociale.

Très difficile de parler de ce sujet, sans prendre des gants, sous peine de passer soi même pour hypocrite! Mais comme il a été décidé par le CEL que le sujet qui sera traité ce mois-ci pour The blog contest c’est l’hypocrisie sociale, soit, parlons-on et libérons ces réflexions qui nous brûlent mais que l’on se retient d’exprimer…pour préserver la paix sociale!

Sans hypocrisie point de paix !

Malgré les cris d’orfraie et les protestations pudiques de certains, l’hypocrisie est un élément nécessaire au bon fonctionnement de la société. Si les gens ne s’entretuent pas pour un oui ou pour un non, si le monde n’est pas à feu et à sang, c’est parce qu’il y a une bonne dose d’hypocrisie dans nos relations sociales et même dans les relations qu’ont les États entre eux. On ne va pas refaire le match et revoir tous ces épisodes de nos vies où on a dû habiller nos visages de sourires et nos bouches de jolies paroles pour ne pas avouer ce que l’on pense franchement d’une situation et/ou d’une personne.

Combien de fois avions nous dû rassurer une personne de notre connaissance que sa tenue était parfaitement réussie et adaptée à cette fête alors qu’à son apparition on avait juste envie de lui demander « pourquoi?? » Combien de fois avions nous envie de dire à notre amie qu’elle devait éviter de sortir avec ce mec qui ne faisait que profiter de sa personne, mais on n’a pas réussi à être franc avec elle parce qu’on ne voulait point la voir sombrer dans la dépression? Combien de fois avions nous envie de dire non à une invitation parce qu’on s’était promis la dernière fois qu’on n’allait plus jamais y allé et fréquenté ces personnes mais on y va quand même ?

Autant de fois que nécessaires, par amitié, par connivence, par complaisance, par pitié… nous adoptons tous une attitude assez hypocrite les uns envers les autres.

Parce que la vie en société implique que l’on vive sur des compromis, arrondir les angles et se retenir d’exprimer le fond de nos pensées peuvent se révéler salvateurs.

Parce que la vie est pleine de surprises (mauvaises ou bonnes), la franchise qu’on a adopté ne peut pas toujours nous aider à nous sortir d’une mauvaise passe plus tard. L’ami à qui tu as avoué franchement dit qu’il avait un goût douteux et était radin rechignera sans doute à te nourrir le jour où tu aura le désert de Gobi dans ton réfrigérateur.

Parce qu’on ne sait jamais dans quelle direction le vent peut tourner, il vaut mieux préserver la paix sociale et ne pas avoir trop de positions tranchées…

Et cela, les États l’ont compris depuis assez longtemps! Croyez vous que la diplomatie et tout ce qu’elle implique servent à quoi? La diplomatie sert à instaurer la paix entre les États et les peuples du monde. Les us et manières de faire du monde diplomatique ne servent qu’à habiller dans des termes recherchés et polis ce que la franchise empêche les dirigeants de déclarer crûment. Imaginez vous un monde dans lequel les dirigeants disent franchement et réellement ce qu’ils pensent des autres dirigeants et peuples? Le président d’un pays A dirait d’un pays B qu’il est arriéré ou sans grâce, le peuple du pays B resterai-t’il les bras croisés et le sourire aux lèvres? Par pure hypocrisie, et assez souvent ces derniers temps, le concert des Nations pleure et condamne une tragédie qui arrive dans une région du monde mais ne lèvera pas le petit doigt pour résoudre définitivement le problème.

Ouvrez les yeux et constatez de vous mêmes qu’une dose d’hypocrisie est nécessaire à la vie en société et aux relations internationales pour qu’une relative paix règne….c’est peu cher payé, non?

Il ne faut néanmoins pas tomber dans l’extrême inverse, celui qui s’invite de plus en plus dans nos sociétés connectées et digitales, où les « like » se donnent en un clic!

Trop d’hypocrisie …point de salut !

A l’heure des réseaux sociaux et surtout du « like », cette hypocrisie sociale arrive à son point culminant, c’est ce que j’appelle le « like social ».

On fait du « like social » quand on n’aime pas vraiment ou quand on ne prête pas attention à ce qui est publié ou ce qui se dit mais qu’on se sente obligé de cliquer sur « like » parce que c’est un membre de la famille, un(e) ami (e), une connaissance… On fait du « like social » quand on « like » une réponse qui nous est faite pour ne plus avoir à continuer à discuter avec cette personne, même si on trouve que son argument n’est pas valable, mais alors pas du tout. On fait du « like social » quand on fait semblant de compatir aux statuts qui parlent des malheurs des uns et des autres, quand notre seule envie est de connaître l’histoire en détails. On fait du « like social » quand on met « amen » ou on partage un post qui parle de la famine, d’une personne malade alors qu’on ne fait rien d’autre de concret pour renverser la situation.

A côté de ces « like social », il y a aussi l’hypocrisie des commentaires et des appréciations sur les réseaux sociaux. On est face à un dilemme permanent à cause des réseaux sociaux, on ne peut pas dire franchement ce que l’on pense même si on le pense très haut (et qu’on le dise à haute voix aussi!!) (« mais qu’est ce qui t’a pris de te maquiller comme une belle de nuit?’, « il est moche ce gosse avec ses morves qui dégoulinent » « était ce vraiment utile de se vanter d’être aller dans cette ville quand on ne voit que ta tête sur les photos? » « les photos de nourriture et de boisson c’est pour se vanter d’avoir assez pour gaspiller tout cela ou c’est parce que ça n’arrive pas tous les jours et qu’il y avait besoin de se vanter? » « vous vous aimez et vous aviez besoin de le dire sur vos murs en prenant le monde entier en témoin alors qu’a priori vous êtes sous le même toit? »…et tant d’autres remarques que certains posts sur les réseaux sociaux suscitent…mais que les « contacts » n’osent jamais écrire… Du coup, les réseaux sociaux deviennent le milieu du tout « j’aime », « j’adore », le monde des Bisounours.  De plus en plus rares sont les personnes qui osent vraiment exprimer réellement le fond de leur pensée ou de couper réellement les ponts sur les réseaux sociaux. On a plus de scrupules à enlever quelqu’un de notre liste de contacts Facebook que de décider de ne plus lui envoyer de sms, de mail ou de ne plus lui passer un coup de téléphone.

Vous avez pu vous mêmes arrivés à la conclusion, l’hypocrisie, à petite dose, aide les gens à se supporter les uns et les autres, et à vivre en plus ou moins bonne harmonie. Tandis que vécue à plus haute dose et dopée à coup de clics et de like, elle fausse les relations humaines et nous conduit tout droit vers cette société de l’apparence où tout le monde est beau, et aime tout le monde mais où chacun n’attend qu’une chose : pouvoir jeter sincèrement à la face de l’autre ses quatre vérités.

(Par exemple: pouvoir dire non c’est moche, ça se voit que ce ne sont pas tes cheveux, qui sont frisés, mais pourquoi tu insiste pour les mettre ma sœur?)

Imaginez vous une société dans laquelle on ne peut rien cacher?

N’hésitez pas à mettre en commentaire ce que vous pensez réellement de cet article sur « l’hypocrisie sociale », promis je vous répondrai aussi franchement…et passez aussi lire ceux des autres challengers de The blog contest!

Lae Loe : Hypocrisie sociale – Quand les métastases attaquent les âmes

Andeve : Hypocrisie quand tu nous tiens

Jay Dee Ibock : Tartuferies

Alain Guy E. : Hypocrisie sociale : I am Hypocrite

Elijah d’Arcy

 

Moi président… vous électeurs…

« Moi président… » la légende dit que c’est sur cette anaphore déclamée lors du débat avant le second tour des élections présidentielles françaises en 2012 que François Hollande aurait gagné les élections et imprimé sa « stature présidentielle ». Un peu comme Ravalomanana Marc, l’ancien président malgache, avait réussi à convaincre en son temps, une partie des Malgaches avec son « ne craignez rien, croyez juste » (en malgache : aza matahotra, minoa fotsiny ihany). Ou quand Barack Obama a lancé son « Yes we can« . Ils ne sont pas les premiers et ne seront pas les derniers à carburer la machine électorale avec les bons mots.

Quand on y regarde de près, les élections ressemblent souvent à une pièce de théâtre dans laquelle les candidats jouent leurs scènes et où les électeurs suivent les intrigues sans forcément en apprécier le dénouement.

Moi président…vous allez vivre au pays de vos rêves!

Aucune élection n’a jamais été gagnée sur un programme, une vision de la société. Les élections s’apparentent souvent à une vaste campagne de publicité. Le camp qui gagne est celui qui a réussi à vendre du rêve aux électeurs en trouvant le bon slogan, en plaçant le bon mot et en utilisant à bon escient la multitude de moyens de communication actuels.

Il n’y a jamais eu de candidat(e) à aucune élection qui s’est présenté(e) sans un slogan que souvent les analystes politiques décortiquent et comparent aux slogans des anciens candidats et/ou à la réalité du pays. L’évolution des réseaux sociaux rapproche encore plus les candidats des électeurs et multiplie les « illusions » d’interaction entre eux. Sous d’autres cieux,gagne les élections celui qui a réussi à distribuer le plus de t-shirts et de produits de première nécessité, et qui a réalisé un concert avec tous les artistes en vue du moment.

L’instrument ultime de séduction lors d’une élection c’est le discours du (de la) candidat(e) en question. Il n’est jamais trop réaliste ni alarmiste. Le discours est là pour projeter des vœux pieux et des rêves. Le (la) candidat(e) qui veut gagner avouera rarement que tout ne pourra pas être fait, il (elle) trouvera les bonnes phrases, les jolies tournures, les improbables mais alléchantes propositions. Les plus malins diront que rien ne pourra se faire sans les électeurs, que la tâche est immense mais qu’elle pourra être réalisée…à la seule condition de leur élection!

Moi élu…nous allons tous revenir dans la réalité du pays!

L’expérience montre cependant que c’est une chose de faire une longue liste de promesses pendant la période de propagande, et que c’en est une autre de les réaliser. Une fois la courte lune de miel entre l’élu(e) et les électeurs finie, il est temps de se rendre compte de la réalité des choses.

Une fois élu(e), le (la) candidat(e) semble avoir oublié tout ce qui était dit juste quelques semaines auparavant. Soit l’accès au pouvoir annihile la volonté, soit il permet de constater qu’il ne suffit pas de vouloir, il faut aussi et surtout pouvoir. Toujours est-il qu’au fil du temps, les élus deviennent souvent moins velléitaires, temporisent leurs discours…et enfin rentrent dans les rangs. Il y en a même qui commencent à remplir leurs poches, celles de leurs proches et à prendre le pli de ceux qui, hier encore, étaient dénoncés pour leur népotisme et leur corruption.

Un exemple contemporain vient cependant contredire ce cycle de vie observé du candidat devenu élu. Donald Trump, le nouveau président des États-Unis a, jusqu’à maintenant, essayé de tenir une grande partie de ses promesses mais vu la zizanie qui en découle on ne sait pas s’il va pouvoir tenir longtemps.

Malgré tout ce qui a été dit, le but n’est pas de décourager les citoyens d’exercer leur droit/devoir principal : le vote. Celui qui proclame que lui président nous vivrons une vie meilleure et loin de tout souci, il ne faut pas le suivre aveuglément de manière fanatique. Il faut ouvrir les yeux, voir comment il s’est débrouillé dans des positions de pouvoir plus modestes. Il faut décortiquer son programme et voir par quels moyens réalistes il propose de le réaliser.

En politique, comme pour les histoires d’amour qu’on veut voir durer, il ne faut pas juste écouter son cœur, il faut aussi emmener sa tête avec soi.

Ps : et si le choix était vraiment difficile, il ne faut pas s’abstenir de voter, les extrêmes gagnent toujours lorsqu’il y a l’abstention ou le vote blanc parce que leurs électeurs votent « sans état d’âme ». Il faut aller voter et choisir le moins bonimenteur ou le plus réaliste dans ses rêveries.

Cet article vous a été proposé dans le cadre du défi proposé par The Blog contest qui en est à sa 5ème saison! Selon les règles, les lecteurs auront 3 jours pour désigner 6 candidat(e)s comme challengers. Je peux compter sur vos votes?

Moi challenger… 😉